Visiter l'île d'oléron

Je ne vais pas vous mentir, il peut arriver qu’il pleuve un jour ou deux par an sur l’île d’Oléron et ses proches alentours. 

Mais c’est pour mieux laver les terres, l’océan et les nuages qui font la légende de celle qu’on appelle à juste titre la Lumineuse. 

Je vais essayer à travers ces quelques lignes de vous convaincre que l’île d’Oléron est un bonheur à visiter, et cela, quelle que soit la météo. Je vous invite quand même à lire ce texte durant un rare jour de pluie et d’exploiter les informations recueillit les autres jours… 

Du sud au nord, de l’est à l’ouest, il fait bon se promener aux quatre coins de l’île. 

À chaque ville son charme et sa culture. Au Sud, les ostréiculteurs et les pêcheurs ; au Nord, les viticulteurs de l’île d’oléron et les chasseurs.

Découvrir le pont de l'île d'oléron et l'île de Nôle

Avant d’arriver sur l’île d’Oléron, vous emprunterez le pont qui a été inauguré en 1966 et qui fait précisément 2 862 mètres. 

Certains cyclistes affirment qu’il en fait dix fois plus voire qu’il est interminable, mais ce sont des propos recueillis auprès d’amateurs de la petite reine qui ont fait la traversée avec le vent de face.
Quand vous entamerez le pont, vous pourrez apercevoir sur votre gauche l’île de Nôle qui est la plus petite des cinq îles charentaises. Comme ses voisines, elle appartient administrativement au département de la Charente-Maritime. Il s’agit en fait d’un écart de la commune de Bourcefranc-le-Chapus. L’île de Nôle est une île minuscule. 

Elle s’étire sur une longueur maximale de 390 mètres et sur une largeur maximale de 160 mètres et 90 mètres sur sa partie la plus étroite. Elle ne comporte aucun arbre ni arbuste ni Mac Do et l’herbe est sa seule végétation. Située à environ 100 mètres du continent, elle n’y est pas reliée, mais elle est accessible uniquement à marée basse. Bref, ce n’est pas la plus belle des îles Charentaises-Maritime, mais elle existe.

À l’horizon, vous apercevrez ensuite Saint-Trojan-les-Bains et Grand-VillagePlage et en fin de journée la promesse d’un merveilleux coucher de soleil. Vous veillerez à garder un œil sur la route afin d’éviter tout plongeon précipité dans l’océan.

Voir Le fort Louvois, depuis le pont de l'île d'oléron

Sur votre droite, vous aurez ensuite une superbe vue sur le Fort-Louvois

Il est accessible à pied à marée basse par une chaussée de pavés d’environ 400 mètres (attention aux glissades incontrôlées) et en navette gratuite à marée haute… 

Oui, parce qu’en Charente-Maritime, on n’a pas la mer, mais l’océan ! Avec ses marées basses qui dévoilent des joyaux un peu partout (j’y reviendrai) et des marées hautes qui font le bonheur des nageurs. L’océan se retire et revient plus ou moins vers les ports et les plages selon ce qu’on appelle les coefficients. En dessous de 50, c’est un petit « coef », l’océan se retirera sur peu de superficies. Au-delà de 100, c’est un grand « coef » et il n’est pas rare que certaines routes et cabanes ostréicoles soient inondées à marée haute. 

Le Fort Louvois (aussi appelé fort du Chapus) est une fortification située sur le rocher du Chapus, face à la citadelle du Château d’Oléron. Il est classé monument historique depuis le 14 juin 1929 et abrite une exposition permanente consacrée à l’histoire du fort, notamment composé des maquettes des fortifications du littoral charentais. 

Les enfants s’amuseront à travers les divers défis qui leur sont lancés dans les différents espaces du Fort (comme celui de faire des noeuds marins). Le fort est ouvert au public de Pâques à novembre, mais il peut être loué de mars à octobre pour une cérémonie privée (anniversaire, mariage, divorce…). Il sera encore temps de faire demi-tour juste après le pont pour aller le visiter. Site Internet : http://www.fort-louvois.com/

Visiter le clocher de l'église de Saint Pierre de Sales

Si vous optez pour le demi-tour, profitez-en pour visiter aussi un autre joyau du pays Marennes-Oléron.

De toute façon, comme d’habitude, il y a un énorme embouteillage pour entrer sur l’île d’Oléron…

À Marennes-Hiers-Brouage, en plein centre-ville (Place Carnot pour se garer), s’élève le clocher de l’église Saint-Pierre de Sales qui a été classée sur la première liste des Monuments historiques en 1840.

Idéal pour se dégourdir les jambes après des heures de voyage, vous emprunterez un étroit escalier en spirale qui fera le bonheur des enfants et vous gravirez 289 marches qui vous feront regretter d’avoir arrêté le sport.

Après l’effort, le réconfort. Vous pourrez admirer du haut des 85 mètres du clocher le panorama exceptionnel sur le bassin de Marennes et même audelà, par temps dégagé (Île d’Oléron, Île d’Aix, Fort Boyard, le pont de la Seudre, le chenal de La Cayenne, les marais, les bassins de claires…).

Au loin la route sera enfin dégagée pour se rendre sur l’île d’Oléron. Vous pourrez enfin rejoindre votre location estivale ou votre camping avant de découvrir d’autres lieux enchanteurs ou culturels durant votre séjour sur l’île d’Oléron.

Se promener le long de la pointe de Gatseau

Aujourd’hui le ciel est chargé de nuages inoffensifs ?

Il vente un peu ou beaucoup et une marée haute est annoncée en journée ?
Pas une hésitation, direction la pointe de Gatseau !

Celle-ci est un cap sablonneux situé sur le littoral de la commune de Saint-Trojan-les-Bains : des vagues, un soleil qui joue avec les nuages, un panorama sur la presqu’île d’Arvert et le redoutable pertuis de Maumusson (détroit).
Attention, à fort coefficient, il ne reste pas beaucoup de bandes de sable pour se promener quand la marée haute est à son summum.
Mais les pieds dans l’eau, c’est encore plus rigolo, pas vrai les (grands) enfants ?

Monter le Phare de Chassiron

Le ciel est bleu et une marée basse est annoncée en journée ? Direction la pointe opposée, plein Nord : Chassiron (après Saint-Denis-d’Oléron) et le phare du même nom. Sa tour noire et blanche d’une hauteur de 46 mètres se voit jusqu’à 35 km de jour et son feu à 52 km par nuit claire.

Un bel escalier de 224 marches et une petite échelle curieusement jamais évoquée par personne conduisent à la lanterne, éclairée par la lumière acétylène à incandescence. Du haut du phare, on peut découvrir l’île d’Oléron bien entendu, mais aussi au loin l’île de Ré, la côte continentale (La Rochelle, la Vendée) et surtout l’océan à perte de vue.

À marée basse, l’estran rocheux dessine un paysage au graphisme tout en courbes que viennent compléter les traditionnelles écluses à poissons construites en forme de fer à cheval par l’homme. N’oubliez pas de visiter les alentours du phare et son jardin.

Les autres sites à visiter sur l'île d'oléron

Si vous ne passez qu’une journée sur l’île d’Oléron, optez pour le coup d’oeil rapide sur l’île de Nôle et le Fort Louvois pendant la traversée du pont et prenez la direction de Gatseau ou de Chassiron selon la marée et son coefficient. Les deux sont à faire dans la journée, organisez-vous selon les horaires de marées. Entre les deux, vous pouvez choisir de visiter le port de pêche, la petite église et le village de La Cotinière, ou le port ostréicole et de plaisance du Château-d’Oléron ou bien encore le port ostréicole du Fort Royer (juste avant Boyarville).

Chacun à son charme, c’est selon les goûts et les couleurs du visiteur que vous êtes.

Si vous optez pour le Château d’Oléron, faites un passage à la Citadelle.

Si vous optez pour Fort Royer, faites un détour par la plage de Boyardville avec vue sur le Fort Boyard et sur le Père Fouras pour ceux qui ont une (très) bonne vue.

Si vous passez deux jours sur l’île d’Oléron, je vous conseille de faire tout ce qu’il y a d’écrit ci-dessus en prenant le temps de savourer chaque instant. Si vous avez des enfants, de mi-février à mi-novembre, ajoutez la visite du Marais des oiseaux (Dolus d’Oléron / les Grissotières) pour les distraire et les éduquer en même temps.

S'émerveiller en famille dans le marais aux oiseaux

« Le Marais aux Oiseaux est une propriété du département de la Charente-Maritime située au cœur de l’île d’Oléron sur les communes de Dolus-d’Oléron et de Saint-Pierre-d’Oléron, au sein de quelque 130 hectares de bois de feuillus et d’anciens marais salants.

D’une superficie de près de 10 hectares, cette propriété abrite deux structures distinctes : un parc de découverte à vocation pédagogique et un centre de sauvegarde de la faune sauvage.

La visite, d’une durée de 1 h 00 à 1 h 30, s’effectue le long d’un sentier de 1,5 km, accessible à tous, jalonné de bornes d’information sur la vie et les mœurs des principales espèces rencontrées.
En début de parcours, une mini-ferme permet aux enfants de côtoyer quelques mammifères et des volatiles de toutes sortes. Quelques centaines de mètres plus loin, plusieurs espèces de la région peuvent être observées dans leur milieu naturel (palmipèdes, grands échassiers, rapaces…).
Un observatoire de 9 m de hauteur offre une vue panoramique du site et favorise l’observation des oiseaux sauvages qui fréquentent les alentours. »

S'aventurer dans les alentours d'Oléron la lumineuse

Si vous restez une semaine ou plus, accordez une journée à sortir de l’île d’Oléron pour visiter le Fort Louvois à Bourcefranc-le-Chapus, l’église Saint-Pierre de Sales, le port de Cayenne et les pavés (entre autres) de la Citadelle de Brouage à Marennes-Hiers-Brouage.

A pieds, à vélos ou en bateau autour de l'île

Si vous avez des vélos, je ne saurais trop vous conseiller d’emprunter les nombreuses pistes cyclables et d’éviter les routes, autant pour votre sécurité que pour pouvoir plus apprécier les différents paysages de l’île d’Oléron.
Si vous aimez marcher, je vous conseille particulièrement les promenades entre le phare de Chassiron et les parcours qui longent les côtes est et ouest en direction du sud.
Vous pourrez dire que vous avez entendu « le bruit des pierres dans l’eau » et, en vous organisant bien et avec un peu de chance, vous aurez même la possibilité de voir dans la même journée un lever et un coucher de soleil dont a le secret La Lumineuse.
Enfin, si vous voulez pousser plus loin « l’expédition », vous pouvez aller découvrir les charmes de l’île d’Aix (« en bateau seulement… »), puis à pieds ou à vélo ensuite.

par Eric Baisson